Un routier s'en va, un faydit débarque...

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Un routier s'en va, un faydit débarque...

Message  Pierre Roger de cabaret le Mer 20 Oct - 1:08

Certains d'entre vous m'ont connu sous le nom de Mons Altus. Membre de la Compagnie de Trencavel depuis plus de 3 ans, je porte aujourd'hui les couleurs de Pierre Roger de Cabaret.

Du temps de Pierre Roger père, la famille Cabaret tient depuis près de 200 ans la région du Cabardès, riche de ses mines d'or et de fer. Cette co-seigneurie a été longtemps morcelée entre les nombreux représentants de la famille. Le nombre de co-seigneurs le plus important nous vient d'un acte de donation à l'Abbaye de Fontfroide daté de 1166, où il est mentionné pas moins de 18 co-seigneurs répartis entre les quatre grandes familles proches de la région : Laure au Sud-Est, Montserrat au Nord-Est, Roquefère au Nord-Ouest, et Cabaret au Sud-Ouest. Dès la fin du XIIème siècle. Le pouvoir va se recentrer sur la fratrie Cabaret, la majorité des textes mentionnant la seigneurie ne citent en effet plus que les deux frères Pierre-Roger et Jourdain de Cabaret.

Revenons à Pierre Roger. L'une des premières mentions de Pierre Roger père en tant que co-seigneur de Cabaret date de 1183 (acte de donation à l'Abbaye de Rieunette). Son frère Jourdain et lui prêtent serment à Raimond Roger Trencavel en 1191 et sont témoins à l'écriture de son testament en 1194. Après l’annonce de la mort de Raimond-Roger Trencavel, la vicomté de Carcassonne s’agite et les Cabaret réussissent à faire prisonnier Bouchard de Marly qui restera à Cabaret. Simon de Montfort, à défaut d'assiéger le castrum en mars 1210 pour cause de manque de troupes, en ravage les environs.

Au printemps 1211, après la prise de Termes, Monfort revient pour prendre Cabaret. Afin d'éviter un bain de sang, Pierre Roger de Cabaret envoie Bouchard de Marly lui-même proposer les termes de la reddition du castrum auprès de son cousin.
Pierre Roger père décède en 1218 (à vérifier).

Cabaret revient à ses propriétaires légitimes en 1223 lors de la Reconquista. L'année suivante, au titre de Viguiers de Trencavel, Jourdain de Cabaret et Pierre de Laure sont témoins à l'acte de substitution des biens de Carcassonne à Foix. En 1226, une deuxième croisade est menée par le roi de France Louis VIII. Le siège du castrum est mené par le sénéchal de Carcassone Humbert de Beaujeu . A l'arrivée des troupes, Jourdain déserte et se précipite à Carcassonne pour demander la paix au roi.Mal lui en prend. Il est presque aussitôt capturé par une troupe de faydits, et finit ses jours en 1228, emprisonné comme traître par le comte de Toulouse.
Cette nouvelle attaque consiste en une interminable guerilla, appelé « Guerre de Cabaret », qui voit les faydits menés par Pierre Roger de Cabaret fils, Pierre de Laure, Bernard Othon de Niort, beau-frère des co-seigneurs, et Olivier de Termes, harceler l'armée du sénéchal, et le sénéchal lui-même échouer dans une tentative de siège de la place.

A une date mal déterminée, probablement en 1229 si l'on en croit le témoignage de Bernard Othon de Niort, les défenseurs, de plus en plus isolés dans leur résistance, décident à leur tour de "rendre Cabaret au roi et à l'église", selon les termes du faydit Raimond de Miraval, homonyme du troubadour.
Tout comme son père en 1211, Pierre Roger, aidé de Pierre de Laure et Bernard Othon de Niort, a su évité un bain de sang et un bûcher collectif.
Alors qu'en 1227 le siège de Labécède par Humbert de Beaujeu avait abouti au massacre général de la population, Cabaret est rendu par négociation et seulement lorsque ses communautés cathares ont été évacuées et mises en lieu sûr.

On sait ainsi que Raimond de Miraval et ses frères prennent en charge eux-même leur tante Raimonde et sa compagne Marceline, qu'ils cachent à La Tourrette; et que Pierre Roger en personne, avec plusieurs de ses chevaliers, emmène en sécurité l'évêque Guiraud Abit et les religieux de son église. Avant d'être évacué, l'évêque du Carcassès a une dernière fois prêché, devant les co-seigneurs et les grands faydits.
Ni les chroniques ni les archives de l'Inquisition n'ont transmis la moindre mémoire de la prise de possession de Cabaret par le sénéchal du roi. En 1229, alors que Raimond VII de Toulouse se soumet à Meaux devant la régente de France Blanche de Castille, toute l'ancienne vicomté Trencavel est pacifiée par Humbert de Beaujeu et Cabaret, confisqué à ses seigneurs, va devenir le siège d'une forteresse royale, l’emblème du pouvoir militaire français.
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Pierre Roger de cabaret

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